Les légendes de la font de Viljot

Publié par L'eautochtone le 15 jan 2012

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Au Nord Ouest du département de l’Allier, au contact du Berry et du Bourbonnais, s’étendent les 10 600 hectares de la forêt de Tronçais, consacrée plus belle chênaie d’ Europe. Elle est gérée par l’Office national des forêts (ONF). On trouve au sein de la forêt une quarantaine de fonts dont les plus connues sont la font du grand gué, la font Jarsaud, la font de Tronçais, la font des Porchers et pour ce qui nous intéresse, la font de Viljot (A droite une photo de la font Viljot à la fin du XIX ème siècle).

La forêt de Tronçais est une tache verte et un véritable poumon pour l’Allier. La forêt se situe à l’extrême nord de l’Auvergne. Elle s’étend sur les communes de Braize, Cérilly, Isle-et-Bardais, Le Brethon, Meaulne, Saint-Bonnet-Tronçais, Urçay, Valigny et Vitray.

La forêt de Tronçais compte en son sein 5 étangs. Sur ces cinq étangs, seul celui de Saint-Bonnet est naturel, les autres ont été créés par l’homme pour les besoins des forges (Tronçais, Saloup, Morat) et pour le canal du Berry (Pirot). Nous consacrerons plus tard un article plus complet aux étangs de la forêt de Tronçais.

On trouve dans la forêt environ 40 fontaines appelées fonts. Leur présence est apparemment liée à l’occupation de la forêt au cours de l’histoire. À proximité de certaines d’entre elles, on trouve des sites préhistoriques. Elles sont dans des états variées et certaines ont quasiment disparu.

Gérard Charbonnel 2007
Gérard Charbonnel 2007

Parcelle 175, la font de Viljot forme un bassin qui sert de source à un petit ruisseau. Claire et abondante, elle sourd en une large vasque de pierre construite à la Belle Époque par les Eaux et Forêts qui, sur la margelle en ciment, avaient inséré en 1900 une inscription consacrant la fontaine à Velleda. Malheureusement, l’inscription est aujourd’hui disparue, effacée. La fontaine est située à proximité d’un site gallo-romain important. Selon la tradition, un couvent et une église s’élevaient en ces lieux au Moyen-âge. Ils auraient été engloutis à cause des sacrilèges accomplis par les moines qui y vivaient.

  • Une première légende raconte qu’il y avait autrefois, au cœur de la forêt, une cité ancienne appelée Io (ou Villejo, Viljo, Viljot), merveilleuse cité gallo-romaine d’une époque oubliée. La cité aurait été engloutie par la source qui lui fournissait son eau, punition infligée aux habitants pour avoir négligé de répondre à un appel de saint Mayeul. D’autres disent qu’une maladie pestilentielle aurait anéanti la population jusqu’à la dernière personne, exposant la cité à l’attaque et à la destruction. Il ne reste aujourd’hui que la fontaine, c’est-à-dire la source elle-même ; la nuit de Noël, quand on se penche sur l’eau sombre, il paraît qu’on peut entendre le carillon de l’église disparue il y a si longtemps.
  • Une deuxième légende veut qu’autrefois les jeunes filles qui espéraient se marier disposaient une épingle sur les hautes herbes autour de la fontaine ; si l’épingle n’était plus là au bout d’un mois, le mariage était imminent. Ou bien une épingle ou une aiguille étaient lancées dans la fontaine. Si le projectile choisi coulait jusqu’au fond, le cœur de l’homme aimé avait été ‘piqué’. La tradition continue, sous une forme différente : puisque l’eau est claire et limpide, les pièces d’argent lancées à l’eau par des filles pleines d’espoir ou bien par des visiteurs qui font leurs vœux sont très visibles.

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Sources Bibliographiques :

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